SCHUBERT 2016

PRESENTATION « SCHUBERT »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Présentation « Une rencontre avec SCHUBERT »

 

C'est en 1828, quelques mois seulement avant sa mort, que Franz Schubert compose la fantaisie pour piano à 4 mains en fa mineur ainsi que la messe no 6 en mi bémol majeur.

 

Alors âgé de 31 ans seulement, le compositeur a cependant atteint toute sa maturité stylistique, et rencontré son public. Il a enfin pu abandonner la carrière d'instituteur, voulue par son père, et qui l'entravait afin de se consacrer entièrement à la composition.

 

 

Ecrite entre janvier et mars 1828, et dédiée à son élève la comtesse Caroline Esterhazy (dont on pense que Schubert était amoureux), la fantaisie pour piano à 4 mains est une œuvre intimiste, destinée à être jouée dans le cadre privé des «schubertiades», ainsi qu’appelaient les proches du compositeur ces réunions amicales où l’on jouait sa musique.

 

(Créée par Schubert lui-même et son ami le compositeur Franz Lachner au mois de mai, la pièce ne sera publiée qu'après sa mort. Cette œuvre, composée presque plus pour les interprètes que pour les auditeurs, est aujourd’hui devenue un pilier du répertoire pour piano à quatre mains.)

 

 

La messe en mi bémol majeur , est une œuvre de commande, plutôt destinée au concert qu'à l'usage liturgique. C'est la sixième d'une série de messes latines, dont Schubert a composé la première à l’âge de 17 ans.

L’écriture s’y révèle d’une modernité surprenante, pleine de glissements chromatiques, et d’audaces harmoniques évoquant Wagner ou les dernières œuvres de Verdi écrites bien après cette messe monumentale.

 

(Le texte également y est traité de façon assez irrégulière : Schubert omet délibérément (ainsi que dans sa précédente messe) certains passages de la liturgie, comme par exemple les mots « et expecto resurrectionem mortuorum » (et nous espérons la résurrection d’entre les morts). Certains musicologues voient ici « un désintérêt profond » de la part d’un Schubert se sachant alors mourant, pour les questions dogmatiques relatives à la mort.)

 

Vaincu par la maladie, Franz Schubert décède le 19 novembre 1828, laissant à la postérité quelques 600 lieder, une œuvre considérable de musique de chambre, 10 symphonies, ainsi que plusieurs opéras. Sa messe en mi b sera exécutée pour la première fois, sous la direction  de son frère Ferdinand le 4 octobre 1829, soit presque un an après sa disparition. 

AVE MARIA « SCHUBERT »

 

 

 

L’Ave Maria de Schubert, qui est sans doute la pièce la plus populaire de ce compositeur, apparaît de prime abord comme une mise en musique de la prière qu’adressent les catholiques à la Vierge Marie. En réalité, si le texte qu’a choisi initialement Schubert est bien une prière à la Vierge, il ne s’agit pas de celle entonnée par les fidèles de l’église, mais celle d’un personnage de fiction, Ellen Douglas, héroïne du long poème de Walter Scott, The Lady of the Lake (1810), dont la trame se déroule en Écosse à la fin du Moyen-Âge. Schubert a mis en musique quelques extraits de ce poème, dont trois chants d’Ellen (Ellen Gesang), l’Ave Maria étant le dernier d’entre-eux.

Traduction

Je te salue Marie ! Douce vierge !
Entends la prière d’une vierge !
Tu peux entendre même depuis cette nature sauvage;
Tu peux sauver au milieu de la désolation.
Puissions nous dormir en sûreté sous ta protection,
Bien que bannis, réprouvés et honnis –
Vierge ! entends la prière d’une vierge;
Mère, écoute une enfant qui supplie.

Je te salue Marie !

 

Je te salue Marie ! Inviolée !
La couche rocailleuse que nous devons partager
Semblera recouverte de duvet d’Eider,
Si tu nous couvres de ta protection.
L’air de cette caverne ténébreuse
Sera pour nous comme un baume si tu nous a souri;
Alors, Vierge, écoute une enfant qui supplie !
Je te salue Marie !

Je te salue Marie, toi qui fut crée sans tâche.
Les démons immondes de la terre et de l’air,
Seront exilés de ces lieux qu’ils hantent,
Il fuiront devant ta lumineuse présence.
Nous sommes courbés par les soucis,
Mais en paix parce que tu nous guides.
Vierge, écoute la prière d’une vierge pour elle-même,
Et écoute la prière d’une enfant pour son père.
Je te salue Marie !